Veille d'actualités "Risques & Gouvernance" par Arengi - avril 2016

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A propos

Chaque mois depuis plus de 3 ans, Arengi, membre partenaire de l’IFA  prépare pour les adhérents de  l'IFA une  une sélection des actualités  vues sur le web, réalisée à l’aide de l’outil de veille collaboratif NETVIBES.

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A la une

Les risques les plus préoccupants pour les entreprises européennes en 2016

Une étude du magazine StrategicRISK, publiée en mars dernier, met en exergue le top 10 des préoccupations des Risk Managers européens. On peut remarquer que les thématiques les plus citées sont liées à des sujets économiques : une concurrence accrue, des risques de change, un changement brutal de l’environnement économique…

Le rapport met aussi en avant  un nombre de risques « cachés » (« hidden risks »), auxquels les entreprises européennes sont susceptibles de faire face en 2016. L’atteinte à la réputation, le manque d’innovation ou encore la défaillance d’un système d’information clé, en constituent le top 3. Si leur survenance est considérée comme peu probable, leur impact peut au contraire être très élevé.  Pour John Windsor, directeur assurances du Groupe Marks & Spencer, implémenter un processus de gestion des risques complet est suffisant pour permettre leur identification.

Pour consulter l’étude : Top 10 european risks

Les risques du moment

Le risque climatique, nouvel invité d’honneur des AG ?

Si aux Etats-Unis de grands acteurs financiers commencent à imposer aux entreprises de publier des résolutions sur leur stratégie zéro carbone (le fonds de pension de l’Etat de New York versus ExxonMobil et Chevron), en France la tendance émerge. Total a presque ouvert le bal. Réuni derrière la société de gestion PhiTrust, un groupe d’actionnaires a tenté de déposer une résolution portant sur la communication en matière de changement climatique. Pour satisfaire la demande, le Groupe s’est engagé à publier un rapport complet sur la gestion des risques liés au climat. Même si en France, déposer une résolution externe reste plus compliqué qu’aux Etats-Unis, il faut néanmoins s’attendre à ce que les actionnaires se saisissent de plus en plus des enjeux climatiques par le biais de ces procédures.

Le risque climatique fera bientôt son entrée aux AG des groupes français

Associer le conseil d’administration à la gestion des cyber-risques et des risques de supply chain

Dans l’article que nous avons sélectionné, Jon Boyer (program manager of cyber supply chain risk management chez NIST) et Bret Arsenault (VP chez Microsoft) établissent une analogie entre la gestion des cyber-risques et des risques de supply chain et soulignent la nécessité d’inclure le conseil d’administration dans ces réflexions. Force est de constater que les menaces auxquelles les entreprises sont confrontées aujourd’hui ont évolué et se sont complexifiées : des problématiques très opérationnelles telles que l’IT ou la chaîne d’approvisionnement peuvent impacter les actifs matériels et immatériels d’une organisation. C’est pourquoi, ces questions ne doivent donc plus être de la simple responsabilité des managers, mais être également mises à l’agenda des conseils d’administration. Bret Arsenault donne quelques conseils, pour s’adapter à cette nécessité d’interactions, comme par exemple utiliser un langage simplifié  lorsque ces thématiques sont évoquées avec un conseil d’administration mais également de privilégier des analyses GRC (Governance, risk management and compliance) très prisées par les hauts responsables.

Managing cybersecurity and supply chain risks: The board's role

Réflexion et analyse sur le risque

De l’art de communiquer sur  les risques auprès du Conseil d’administration

L’organisation du reporting sur les questions touchant à la gestion des risques est un sujet souvent épineux, l’enjeu principal étant de transmettre au conseil d’administration les informations attendues. Du côté des administrateurs, il semble que les rapports auxquels ils ont accès soient trop ou pas assez détaillés. Les managers, quant à eux, évoquent la difficulté à bien cerner les attentes du Conseil. Dans une étude publiée au mois de mars, le cabinet de conseil Protiviti donne six conseils pour améliorer ce reporting au sein des entreprises. Il est ainsi recommandé qu’il soit lié aux objectifs opérationnels du Groupe et qu’il regroupe les risques majeurs ainsi que les risques émergents.  D’autres pistes  consistent également à lier risques et opportunités/performance ou encore à l’exploiter pour encourager le dialogue avec le conseil sur l’appétence aux risques de l’organisation.

Vous pouvez consulter l’intégralité de l’article ici : Board Perspectives : Risk Oversight

Les risques et la conformité : leviers clés d’un meilleur management des informations

Pour assurer la gestion des informations au sein des organisations, il y a les systèmes et il y a la gouvernance. L’enquête annuelle de l’Association for Information and Image Management (AIIM, «Information Management, State of the Industry  2016») démontre, que, si les systèmes, infrastructures et mesures techniques pour sécuriser les flux croissants d’informations commencent à s’adapter, les politiques, procédures et structures de gouvernance de la gestion de l’information font encore défaut. Leur rapport montre pourtant que plus de la moitié des entreprises interrogées est consciente des risques liés à une politique d’archivage défaillante, ou à l’absence de politique et de programmes dédiés à la sécurité des informations.  A croire qu’il faudrait de nouveaux exemples médiatiques, d’autres jugements défavorables de tribunaux qui requièrent plus d’exigence en la matière. Car selon l’enquête, il semble que ce soient essentiellement ces événements qui fassent prendre conscience de la nécessité de mettre en place concrètement une politique de management des informations.

Retrouvez plus de détails et statistiques de l’enquête ici : Risk and compliance now the largest driver for information management

Actualité et tendance gouvernance

Un nouveau paradigme pour la gouvernance d’entreprise

Publié sur le forum dédié d’Harvard à la gouvernance d’entreprise, Martin Lipton, spécialiste du sujet, propose une analyse sur l’implication du conseil d’administration dans les entreprises, comme garant de sa stratégie long terme. Il expose les difficultés que les administrateurs rencontrent pour mener à bien cette mission, dans un monde rapide, compétitif et disruptif. Pour les aider à acquérir une meilleure expertise dans ce sens, il s’agirait alors de leur transmettre des informations mises en perspective par rapport à des objectifs moyens et longs termes, au-delà des seuls résultats trimestriels.  Ce serait leur permettre ainsi de mieux cerner, et donc de mieux s’impliquer dans les enjeux actuels de l’entreprise pour sécuriser sa stratégie long-terme.

Prolongez votre lecture sur l’implication du conseil d’administration dans la stratégie de l’entreprise : The New Paradigm for Corporate Governance

Réflexion sur la gouvernance

Autonomisation du travail et stratégie d’entreprise

Dans un débat organisé par le cabinet de conseil Mc Kinsey, Peter Grauer (président de Bloomberg), Nadir Mohamed (ancien directeur de Rogers Communications), Manfred Kets de Vries (professeur d’ INSEAD) et Robert Kegan (professeur d’Harvard) ont discuté du rôle des dirigeants dans la détermination de la stratégie de l’entreprise à l’ère du numérique. Si tous sont d’accord que la nécessité de se réinventer sans cesse a accéléré la vitesse de l’autonomisation du travail, leurs opinions divergent sur les conséquences que cette dernière aura sur l’avenir des sociétés. Pour certains le rôle des dirigeants a évolué. Ce n’est plus un seul individu qui détermine la politique à suivre, mais toute une équipe. Les entreprises  doivent trouver un moyen de s’adapter  aux modèles initiés par des organisations telles qu’Uber et Netflix qui ont bouleversé l’économie. Pour tous, la difficulté réside dans le dosage et la vitesse des changements à mettre en place.

Vous pouvez consulter le débat ici : Leading in the digital age

Pour aller plus loin

La rémunération des dirigeants d’organisation à but non lucratif : quel est le juste prix ?

La question de la juste rémunération des dirigeants ou des administrateurs d’organismes à but non lucratifs (OBNL) a toujours été sensible. Leur mode de financement, le recours au bénévolat et leur caractère social et moral en font un dilemme que deux chercheurs, Elizabth K.Keating et Peter Frumkin ont analysé à l’aide d’un parallèle avec les rémunérations des dirigeants du secteur privé. Leur étude propose une approche « décomplexée » du sujet, en essayant de comprendre les critères de rémunération de l’un et  de l’autre secteur, entre performance et taille de l’organisation.

Retrouvez leur étude ici : Qu'est-ce qui influence la rémunération des dirigeants d'organisation sans but lucratif?