Veille d'actualités "Risques & Gouvernance" par Arengi - novembre 2016

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A propos

Chaque mois depuis plus de 3 ans, Arengi, membre partenaire de l’IFA  prépare pour les adhérents de  l'IFA une  une sélection des actualités  vues sur le web, réalisée à l’aide de l’outil de veille collaboratif NETVIBES.

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A la une

La responsabilisation des entreprises sur le respect des droits de l’homme à l’étranger.

Le 25 octobre dernier le Parlement européen a adopté une résolution portant sur la responsabilité des entreprises dans les violations graves des droits de l’homme dans les pays tiers. Cette initiative a le mérite de souligner "l’obligation morale et éthique" des entreprises européennes qui opèrent à l‘étranger, même si son caractère non-contraignant a d’ores et déjà été dénoncé par les avocats en quête d’une réelle normalisation. Le succès de ce texte, adopté par l’immense majorité des députés, tient probablement au fait qu’il permet d’encourager la diffusion des bonnes pratiques au-delà de l’Union, et de rétablir à terme,  une égalité face à la concurrence mondiale.

Si l’une des propositions préconise la création d’un label "sans maltraitance", cette démarche devra tout de même assoir sa crédibilité au regard de la publication, quelques jours après le vote européen, d’une enquête d’Amnesty International. Relayée par de nombreux médias, cette étude démontre que le label "huile de palme durable" n’a pas su protéger les droits humains des travailleurs indonésiens. Elle démontre également que les entreprises ne sont pas à l’abri d’une mise en cause de leur responsabilité sociale par l’opinion publique, mais également par les Etats tiers, comme cela a été rendu possible par cette résolution européenne.

L’article qui présente la résolution est accessible en ligne :

Les eurodéputés veulent responsabiliser les entreprises à l’étranger

Retrouvez le texte complet voté sur le site du Parlement européen :

Responsabilité des entreprises dans les violations graves des droits de l'homme dans les pays tiers

L’enquête d’Amnesty International : Huile de palme : travail des enfants et travail forcé

 

Les risques du moment, analyse et réflexion

Les entreprises encore mal armées pour protéger les données personnelles

Un nouveau règlement général européen, portant sur la protection des données personnelles, obligeant les entreprises à recueillir le consentement des employés lors de toute collecte de données ou encore à signaler toute fuite de données, entrera en vigueur le 28 mai 2018.  S’interrogeant sur la capacité des sociétés à s’y conformer, l’éditeur de logiciels de cyber-sécurité Symantec a mené une enquête auprès de 900 entreprises françaises, allemandes et britanniques. Malgré la mise en place de sanctions pécuniaires importantes en cas de non-respect (20 millions d’euros ou 4% du chiffre d’affaire mondial) aujourd’hui seule 1 entreprise sur 10 se déclare préparée. Zoltan Precsenyi, directeur des affaires institutionnelles chez Symantec assure qu’en pratique la plupart ont déjà des processus de restriction des données, qu’il faudra certes réadapter voire renforcer. De plus les sociétés françaises ne seront plus tenues à déclarer à la Cnil toute automatisation du traitement des données, mais pourront être contrôlées à tout moment par les autorités.  

Règlement européen : les entreprises ne s’estiment pas prêtes

La gestion de crise passée au crible par la communauté scientifique

Les travaux récents issus de la recherche en mathématique, en physique ou en psychologie nous conduisent ce mois-ci à la publication de deux articles établissant un parallèle entre des phénomènes comportementaux et de prise de décision, appliqués à la gestion de crise. Une première étude évoque la prédictibilité des comportements et des mouvements humains rassemblés en groupe, où une cohésion -un flux-, se crée autour d’un individu qui affirme une conviction ou un pouvoir de décision. Le deuxième article analyse, a contrario, l’ambivalence, ou les difficultés des leaders à prendre une décision dans des situations complexes telles que celles générées lorsd’une crise. Des concepts intéressants lorsqu’ils sont mis en perspective avec nos procédures de gestion de mouvements de foules ou d’évacuation …

 

Retrouver l’article sur les algorithmes prédictifs de gestion de foule ici :

Scientists develop algorithms which may help influence crowd and group actions during a crisis

Pour accéder à l’article sur l’ambivalence des leaders face à la prise de décision :

Crisis management: top executives have trouble making a decision when faced with ambivalence

 

Intelligence Artificielle : de plus en plus d’entreprises intéressées

On peut remarquer que ces dernières années les événements autours de l’Intelligence Artificielle ne cessent de se multiplier. Même si on en parle depuis presque 60 ans, les technologies nécessaires n’étaient pas encore disponibles et le volume de données pas suffisamment important. Aujourd’hui ce n’est plus un problème, dans certaines entreprises comme la Société Générale, l’IA est déjà présente dans certains services, tels que le scoring par exemple.

Le développement et le déploiement de ces algorithmes « intelligents » ouvrent de nombreuses questions concernant la collecte et protection des données ou encore la responsabilité en cas de litige. Les experts sont unanimes, le temps est venu de poser les fondations d’un cadre juridique gérant l’Intelligence Artificielle. 

L’IA en phase de décollage dans les grandes entreprises

 

Actualité gouvernance, réflexion et tendance

Les conseils d’administration adeptes de l’auto-évaluation

Une récente étude du cabinet de conseil Deloitte portant sur la gouvernance des sociétés françaises cotées en bourse se penche plus particulièrement sur l’évaluation faite des conseils d’administration.

Au sein du CAC 40, mais également du CAC Small, la majorité des entreprises effectuent une évaluation autocentrée du fonctionnement et de l’organisation du conseil d’administration. Seul un quart des sociétés du CAC 40 fait appel à un expert externe. Deloitte met également en lumière les divergences entre les grands groupes et les plus petits, sur des sujets tels que la féminisation des conseils, la présence d’étrangers ou encore la part d’administrateurs indépendants.

Consultez l’intégralité de l’étude ici : Structure de la gouvernance des sociétés cotées

Gouvernance : l’auto-évaluation du board ne suffit pas

Chef d’entreprises: « gouverner » ne rime pas avec « isolé »

 

Au-delà du couple "coûts / compétitivité", Daniel Corfmat, président de l’Association de Dirigeants et Administrateurs d’Entreprise, nous propose une analyse à l’attention des entrepreneurs en vue de pérenniser leurs entreprises. Il recentre le débat sur le rôle de chaque acteur de l’entreprise vis-à-vis des deux constituantes fondamentales: la stratégie et sa mise en œuvre opérationnelle.

Si le dirigeant se sent parfois seul face aux multiples décisions, cette tribune rappelle qu’il est entouré d’actionnaires, d’administrateurs et de salariés. Les premiers l’aident à définir et à valider une stratégie, les seconds en contrôlent la mise en œuvre opérationnelle, déployée et portée par les troisièmes, les équipes. C’est en sachant s’entourer et en orchestrant ces trois acteurs qu’un dirigeant est incité à "gouverner" plutôt qu’à "gérer" et à composer avec les décisions de court, moyen et long termes. 

Chef d’entreprise, arrêtez de tout vouloir diriger seuls !

Gouvernance : entre émotion et pouvoir d’incitation

Dans un entretien avec Eric Maskin, prix Nobel d’économie en 2014 et Eyal Winter, auteur du livre « Feeling Smart : Why our emotions are more rational than we think », le cabinet de conseil McKinsey aborde les questions du rôle des émotions dans la prise de décisions rationnelles et de l’application de la Théorie des mécanismes d’incitation dans les entreprises. Les deux économistes sont unanimes : faire preuve d’empathie permet d’apercevoir des éléments qui pourraient nous échapper si on agissait de façon pragmatique. Certes, il faut en tenir compte, mais les spécialistes mettent en garde, parfois nos émotions peuvent amener à des comportements hostiles et inappropriés. 

Par ailleurs Eric Maskin père de la Théorie des mécanismes d’incitation explique l’application de sa théorie à la gouvernance des entreprises. L’objectif étant de créer un lien entre le bien individuel et le bien commun, un des moyens d’y parvenir passerait par la distribution de bonus liés à la productivité de toute l’organisation. Il est important que ce soit le travail commun qui soit récompensé et non l’individuel.

Leadership and behavior : Mastering the mechanics of reason and emotion

Pour aller plus loin

Les innovations technologiques à surveiller

Le cabinet de conseil Gartner a présenté en octobre dernier son étude «Top 10 Strategic Technology Trends for 2017» Cette vision prospective des innovations à intégrer dans nos réflexions, et nos analyses de risques, détaille et catégorise pour nous 3 grandes tendances :

Les systèmes intelligents, basés sur l’utilisation de données et leur programmation (communication instantanée, intelligence artificielle, objets intelligents …) ; les applications digitales (réalités virtuelles ou augmentées, les capteurs émetteurs de données, blockchains…) et les systèmes de "maillage", qui permettent la mise en réseaux des deux premiers (technologie et sécurité). Certaines de ces innovations impactent d’ailleurs déjà les relations entre les entreprises et leur manière de travailler.

 

Pour lire l’article : Application intelligentes, « digital twins »… : 10 innovations technologiques à suivre en 2017

Pour accéder directement à l’étude, cliquez ici

Gartner’s Top 10 Strategic Technology Trends for 2017