Journée de la femme - 8 mars 2014

La diversification de la composition des conseils sera le facteur clé de succès pour atteindre l’objectif des 40 % de femmes en 2017

A l’approche de la Journée internationale du droit des femmes, l’IFA fait le point sur l’avancée de la mise en œuvre de la loi du 27 janvier 2011 (Loi Copé-Zimmermann).

 

Pour ce faire, l’IFA soutient la publication des travaux qui permettent de suivre la progression du nombre de femmes dans les conseils d’administration et de sensibiliser les dirigeants au fait que l’échéance du minimum de 40 % de femmes en 2017 arrive à grand pas.

 

L’IFA réaffirme également à cette occasion sa position sur la nécessaire professionnalisation du processus de recrutement des administrateurs par les conseils d’administration français avec la recherche d’une plus grande diversité des profils en termes d’expériences et de compétences. L’IFA note, à cette occasion, qu’il convient d’encourager les conseils des sociétés non cotées incluses dans le périmètre de la loi (plus de 500 personnes ET plus de 50 millions de CA ou de total de bilan) à se mobiliser dès maintenant pour réussir à atteindre, sans étape intermédiaire, l’objectif de 40 % en 2017.

Les derniers chiffres en provenance du cabinet Gouvernance et Structures présentant la situation au 30 juin 2013 confirment les progrès considérables réalisés depuis deux ans avec un doublement du nombre de femmes dans les conseils. Sur la base d’un échantillon conséquent de 440 sociétés cotées sur Euronext étudiées, il observe que les % moyens pour tous les compartiments d’Euronext sont supérieurs à 21,5 % de femmes dans leur conseil et l’arrivée d’une centaine de nouvelles administratrices entre 2012 et 2013. Toutefois, on note une forte hétérogénéité. Ainsi, alors qu’en moyenne, les sociétés du CAC 40 ont dépassé les 28,5 %, les small et mid caps sont autour de 22 %. De plus, il y a encore bien des retardataires n’ayant pas atteint les 20 %, et l’étude relève encore quelques entreprises sans aucune femme, essentiellement dans les small caps (26 sociétés).

Cette étude conduit également à changer de regard sur la question du cumul de mandats. En effet, au sein même de l’échantillon, très peu de femmes cumulent plusieurs mandats d’administratrices :

  • Large caps : 180 mandats occupés par 120 femmes ;
  • Mid caps : 185 mandats occupés par 161 femmes ;
  • Small caps : 278 mandats occupés par 268 femmes.

Au niveau du profil des administratrices, cette étude fait entre autres deux constatations : un net rajeunissement avec une part importante de femmes d’une quarantaine d’années parmi les nouvelles administratrices et la poursuite de la nomination de femmes étrangères, mais essentiellement, comme on peut facilement le comprendre, pour les sociétés du CAC 40 aux activités très internationales.

Au final, pour les 440 sociétés étudiées, le nombre minimum estimé de postes pour lesquels une administratrice est à nommer pour atteindre l’objectif intermédiaire de 20 % début 2014 est de 180 et de 468 postes de plus pour atteindre les 40 % début 2017. A ces chiffres doivent être ajoutés ceux des sociétés non-cotées. Ainsi, un millier de femmes sont à trouver…

Autre étude aux conclusions encourageantes, celle de L’observatoire de la parité dans les conseils d’administration de l’AFECA ii(Association des Femmes Diplômées d’Expertise Comptable Administrateurs), en partenariat avec la Chaire en Gouvernance d’Entreprise du Groupe ESC Dijon-Bourgogne et le Conseil Régional de Bourgogne qui, après les compartiments A et B, a étendu ses observations à la situation au 31 décembre 2012 des small caps, dans lesquelles le plus grand nombre de mandats reste à pourvoir.

Les profils des administratrices de ces small caps diffèrent de ceux de leurs homologues des compartiments A et B dans les large caps :

  • encore plus d’une administratrice sur trois a un lien familial avec l’un des dirigeants ou l’un des actionnaires, et seulement 27,6 % sont considérées comme indépendantes (contre 54 % dans les mid et large caps),
  • les administratrices sont nettement moins internationales (8,4 %) que celles des large caps (20,9 %), et seule 1 femme sur 4 a une expérience professionnelle à l'international contre 1 femme sur 2 dans les mid et large caps,
  • leur formation est moins élitiste et leur expérience diffère : 38,5 % ont une expérience de dirigeant (contre 59 % pour les mid et large caps),
  • l'expérience ministérielle est rare : 2,8 % contre 23,3 % dans le compartiment A,
  • elles ont plus rarement un autre mandat : 60,6 % contre 78,3 %.

Par ailleurs, l’Observatoire AFECA souligne la percée des femmes dans les comités du conseil des compartiments A et B : leur représentation y est proportionnelle à leur niveau de présence au sein du conseil dans les comités d’audit, de rémunération et de nomination, même si elle reste plus en retrait dans les comités stratégiques.

« La dynamique à laquelle nous avons assisté témoigne du développement des meilleurs pratiques dans les conseils avec, en particulier, le rôle accru des comités de nomination » commente Agnès Touraine, future présidente de l’IFA.

Les administratrices potentielles sont présentes, disponibles, compétentes et motivées !
Toutes ces données montrent que l’opportunité de la Loi pour améliorer la composition des conseils passe par une nécessaire diversification des profils à rechercher en termes de compétences, d’expertise et de parcours.

Cette diversification repose sur la professionnalisation du processus de recherche d’administrateurs via une démarche structurée au sein du conseil avec le recours au comité de nomination (si il existe) afin de déterminer les profils attendus pour atteindre une composition idéale du conseil iii.

« Quels que soient leurs secteurs d’activité, leur région ou leur taille, l’IFA met à la disposition de toutes entreprises, la richesse de son réseau d’administrateurs qui compte aujourd’hui 1 230 femmes. Avec le site Jechercheunadministrateur.com inauguré en septembre 2013, l’IFA aide aujourd’hui activement les entreprises à compléter leur conseil avec la possibilité d’identifier les profils les plus adaptés aux besoins des entreprises » précise Alain Martel, Secrétaire général de l’IFA.

Par ailleurs, acteur incontournable en matière de formation, l’IFA a d’ores et déjà certifié 246 administrateurs dont 55 % de femmes.

Qui sont les femmes du réseau de l’IFA ?

IFA = 36 % de femmes soit 1230 femmes

246 ASC dont 137 femmes

Des compétences clés dans les domaines suivants :

- Agroalimentaire
- Assurances
- Audit et contrôle Interne, gestion des risques
- Banque
- Business Développement et développement international
- Commerce/distribution
- Communication
- Conduite du changement des entreprises en mutation
- Conseil/Ingénierie
- Direction générale
- Evaluation d'entreprise
- Finances
- Gestion
- Gouvernement d'entreprise
- Industrie
- Informatique/High Tech
- Private Equity
- Services (B to B & B to C)
- Télécommunications
- Transport

Pour information, l’IFA participe aux différentes manifestations autour de la place des femmes dans les conseils qui vont se dérouler à l’occasion de la Journée des femmes, en particulier :

  • Le 6 mars à l’Assemblée nationale, Colloque de la Fédération des femmes administrateurs : « femmes administrateurs – mode d’emploi », avec l’intervention d’Alain Martel.
  • Le 7 mars chez Euronext Paris, Conférence « Entrepreneuriat : les femmes et la prise de risque », avec l’intervention d’Agnès Touraine.

i Gouvernance et Structures : Présidé par Guy Le Pechon Associé/Gérant - (06 16 31 07 15) - guy.le-pechon@m4x.org, étude réalisée en partenariat avec la CDC, l’AFECA, l’IFA, et M. Bertrand Collomb  

ii www.observatoire-parité.eu et www.femmes-experts-compables.com

iii Cf. Les travaux de l’IFA : Comité de nomination : gouvernance et bonnes pratiques (27/09/2011) A l’occasion de la publication de ce rapport l’Institut Français des Administrateurs formule plusieurs recommandations relatives à la composition du conseil d’administration ou de surveillance, notamment en matière de cumul des mandats, de statut des administrateurs indépendants et de prévention des conflits d’intérêts.