Publié dans la RFGE 16

Résumé

Cet article reprend de manière synthétique les grandes lignes d’un travail doctoral (Conchon, 2014) qui s’est concentré sur l’étude des administrateurs salariés en France, soit les représentants du personnel élus par les travailleurs, le plus souvent sur liste syndicale, pour siéger au conseil d’administration [CA] ou de surveillance [CS] de leur entreprise avec les mêmes droits et devoirs que les autres administrateurs, y compris le droit de vote sur les décisions stratégiques. Nous posons en premier lieu le cadre de cette recherche en revenant sur la définition précise de notre objet d’étude que sont donc les administrateurs salariés du secteur marchand.
Nous exposons également la méthodologie choisie, sur la base d’un croisement de différentes techniques d’enquête (l’analyse documentaire, deux études monographiques, la passation d’un questionnaire et l’observation participante), en vue d’interroger, au prisme de la théorie de Jean-Daniel Reynaud, la régulation sociale qui se joue dans les entreprises dites « démocratisées ».
Nous livrons enfin les principaux résultats de nos analyses de l’action de l’administrateur salarié au sein du système de gouvernement d’entreprise et au sein du système des relations professionnelles. Si sa capacité d’action dans le premier est le plus souvent limitée à la sphère de l’influence, le CA ou CS peut néanmoins constituer un espace pertinent de l’action collective à la condition d’un effort d’articulation des différentes scènes de représentation du personnel par l’organisation syndicale. Nous montrons ainsi que la participation des salariés aux décisions stratégiques ne conduit pas mécaniquement à un
rééquilibrage des pouvoirs dans l’entreprise, mais qu’elle peut produire une reconfiguration des relations professionnelles pour peu que les différents acteurs en présence s’en saisissent.

Mots clés

Administrateurs salariés, relations professionnelles, gouvernement d’entreprise, participation