rfge6-

Au sommaire de ce numéro

Boeing et EADS sont les deux plus grandes entreprises mondiales sur le marché de l’aéronautique civile et militaire. Elles présentent des similarités importantes mais diffèrent par leur origine et leur structure de propriété. Boeing a un actionnariat privé diffus et constitue un exemple du modèle de gouvernance actionnariale fréquemment rencontré, notamment, dans les pays Anglo-saxons. EADS et sa principale filiale, Airbus, ont été créées sous l’impulsion et la supervision d’Etats européens, et la France et l’Allemagne en sont encore de très influents actionnaires de contrôle. Ainsi EADS, avec son tour de table mélangeant les intérêts privés et publics d’une part, et son partage des tâches entre les usines et les pays d’autre part, illustre parfaitement le modèle de la gouvernance partenariale. La méthodologie employée est celle d’une étude clinique réalisée sur la base de données publiques. Nous montrons tout d’abord que les deux entreprises sont relativement similaires quant à la taille, les technologies employées et la diversification par marchés géographiques et par lignes de produits. Puis nous mettons en évidence d’importantes différences dans les mécanismes de gouvernance concernant la structure de propriété, la composition du conseil d’administration, la rémunération des dirigeants exécutifs, et l’intervention des Etats dans les décisions stratégiques. EADS relève selon l’analyse du paradigme de la gouvernance partenariale du fait même de son histoire, alors que Boeing relève de celui de la gouvernance actionnariale classique. Chez EADS les gouvernements européens pèsent de tout leur poids pour protéger l’emploi et maintenir l’équilibre existant entre les différents pays dans le partage de la production, ce qui semble contribuer à retarder les ajustements nécessaires. Nous comparons ensuite les stratégies et les performances financières sur la période 2001-2007. Conformément aux attentes découlant de sa gouvernance, Boeing offre des rentabilités économique et financière, plus élevées, opère d’importantes distributions de liquidités à ses actionnaires (dividendes et rachats d’actions), et l’évolution de son cours de bourse est plus favorable que celle d’EADS. EADS, au contraire, semble privilégier sa croissance interne, exhibe une politique de dividende erratique et moins favorable à ses actionnaires. EADS a été un grand succès industriel et commercial jusqu’ici, mais sera-t-elle capable de faire face aux défis du futur sous sa structure de gouvernance actuelle ?

Télécharger le document

Statut et rémunération des administrateurs d’ETI

Tarif public 18,00 € TTC

Tarif adhérent
Adhérent premium 0,00 €
Adhérent standard 0,00 €
Adhérent universitaire 0,00 €

Connectez vous sur l'espace adhérent pour télécharger gratuitement le document

L’objectif de cet article est de montrer comment les "accruals" discrétionnaires sont perçus par les investisseurs par rapport aux autres composantes du résultat. L’étude d’association, menée sur un échantillon d’entreprises du SBF 250, a montré que les "accruals" discrétionnaires sont valorisés positivement par les investisseurs indiquant que la gestion des "accruals" a un contenu informatif additionnel. Ce contenu informatif s’intègre dans le cadre de la perspective informative dans le sens où les dirigeants signalent, à travers ce comportement, l’évolution future du résultat. De plus, l’étude comparative des pouvoirs explicatifs des différentes composantes du résultat comptable avant (PCG) et après l’adoption des normes IAS/IFRS stipule que ce type d’association est tributaire de l’orientation des normes comptables. En particulier, ce référentiel international a généré une relation plus étroite entre les "accruals" discrétionnaires et le rendement boursier indiquant que la gestion des résultats par le biais des normes IAS/IFRS est davantage perçue par les investisseurs comme un signal sur les perspectives futures des firmes. Cette pratique ne semble alors pas être en contradiction avec les principes de bonne gouvernance.

Ce travail est fondé sur l’idée que, contrairement aux actionnaires minoritaires qui sont bien diversifiés et n’assument que le risque systématique, les actionnaires de contrôle sont mal diversifiés et assument également le risque idiosyncratique.Dans ce cas, un certain niveau de bénéfices privés prélevés par les actionnaires decontrôle se justifie pour rémunérer ce risque supplémentaire.

Cet article utilise l’environnement bi-juridique unique du Canada, où se côtoient les régimes de Common Law et de droit civil, comme laboratoire pour contribuer au débat international sur l’influence d’un régime légal, voire sur la supériorité d’un système par rapport à l’autre en matière d’information financière. Nos résultatsmontrent que le régime du code civil semble être associé à la publication d’uneinformation financière de meilleure qualité par les entreprises du Québec qui sont exploitées dans ce régime.

Ce résultat a priori contraire à l’hypothèse reçue de la supériorité du régime de Common Law indique que la relation entre l’environnement juridique et la qualité de l’information comptable est une relation plus complexe que ne le laissent croire les travaux de La Porta et al. (1997 et 1998). Comme celles notamment de Spamann(2006) et de Ball et al. (2008), notre étude montre que la différenciation entre ces régimes nécessite une analyse plus fine. Pour l’avenir, ce résultat nous encourage à approfondir cette question de recherche notamment en tenant compte d’une part non seulement du lieu de résidence des entreprises mais également de leur lieu d’incorporation et d’autre part, en recourant à d’autres modèles d’évaluation de la qualité de l’information financière.

Les débats actuels autour de la rémunération excessive des dirigeants des grandes entreprises portent surtout sur la nécessaire protection des actionnaires investisseurs et des contribuables. Ces débats ne sont pas sans rapport avec la crise financière en cours. Elle a en effet remis en question la « légitimité » de ces rémunérations, qui apparaissent désormais comme « irresponsables » (Bihr, Biondi, e Gialdini 2008). Des projets de réglementation ou d’intégration des codes de gouvernance sont actés ou en cours dans des nombreux pays : Etats-Unis, Pays- Bas, Allemagne et France entre autres.

Les critiques sont largement focalisées sur l’immoralité de ces rémunérations, mais n’abordent pas la question de leur origine. Cette note situe ces rémunérations dans le contexte du modèle de gouvernance d’une part, du modèle comptable de l’autre. Ce dernier définit la performance de l’entreprise qui doit générer ces rémunérations, et en informe les parties prenantes. Dans un premier temps, nous allons analyser ce mode de rémunération des dirigeants dans le cadre du modèle de gouvernance actionnariale qui l’a justifié (Pérez 2003). Les déconvenues de ce modèle sont alors soumis à l’épreuve des faits, et liés à la crise financière, qui s’avère une crise de gouvernance plus qu’une crise de liquidité. Dans un deuxième temps, nous revenons sur les propos réformateurs pour les intégrer dans un modèle de gouvernance partenarial et dans un système d’information comptable et financière appropriés, dans l’objectif d’aligner ces rémunérations avec les intérêts des parties prenantes et avec l’intérêt général.

Cette recherche présente une nouvelle approche du rôle des administrateurs extérieurs dans les entreprises familiales. Partant du constat que la littérature théorique porte essentiellement sur les missions des administrateurs extérieurs, l’objectif est de montrer l’apport des théories de l’apprentissage organisationnel pour comprendre comment se déroule le transfert de connaissances et compétences vers l’entreprise familiale. A partir de l’étude de deux cas variés, nous testons la capacité des rôles et missions des administrateurs à développer des processus d’apprentissage dans le cadre d’entreprises familiales. Les résultats caractérisent la forme et les implications de ce mécanisme de transfert : les administrateurs extérieurs apparaissent comme des dispositifs d’influence de bonnes pratiques et d’exploration de nouvelles opportunités. Néanmoins, au stade de cette recherche en cours, les résultats sont un peu plus équivoques dans la détermination de la relation administrateurs extérieurs / entreprise familiale : pompiers à court terme…partenaires à long terme ?

Cet article aborde la problématique de l’impact de la structure de propriété et de la gouvernance sur la performance des entreprises familiales (EF) au Cameroun. L’étude empirique porte sur un échantillon de 100 EF. Les principaux résultats qui en ressortent montrent que : le système de gouvernance des EF ne corrobore ni le cadre légal, ni un système réputé. Cette non convergence s’explique, entre autres, par l’état rudimentaire des pratiques de la gouvernance dans les EF et la forte concentration de la propriété. L’analyse de la performance montre que les trois types d’EF identifiés dans notre étude sont globalement performantes. L’âge et la taille de l’entreprise, le degré de propriété des cinq principaux actionnaires,la structure de propriété et la diversité du CA constituent les principaux facteurs explicatifs de ce succès.

Le but de cet article est d’étudier l’influence de la structure du conseil d'administration (CA) sur la capacité des entreprises à résister à la crise boursière asiatique. La capacité de l’entreprise à résister à la crise est évaluée par la minimisation de la volatilité conditionnelle des rendements financiers estimée par les spécifications ARCH et GARCH. Cette étude s’appuie sur un échantillon de 94 entreprises cotées et industrielles de quatre pays asiatiques : Malaisie, Thaïlande, Indonésie et Philippines et sur une période entière de la crise s’étalant de 1996 à 1998. Les résultats montrent que la taille du CA et la présence d’administrateurs indépendants, sont négativement liées à la volatilité conditionnelle des rendements financiers. Ce résultat est compatible avec l’argument qui postule que les conseils efficaces augmentent la capacité de contrôle des dirigeants et la capacité des entreprises à résister à la crise. Le cumul des fonctions de dirigeant et président du conseil serait sans effet sur la résistance à la crise et la rotation des dirigeants aurait un effet positif sur la volatilité des rendements financiers.